Un Ennemi du Peuple
   librement adapté de l'oeuvre de Henrik Ibsen

Tomas Stockmann est le médecin des nouveaux Bains de la ville. Il est amoureux, a deux enfants en bas âge, des amis sincères, un beau-père entrepreneur et un frère, Maire de la ville. 

Tomas découvre un jour que l'eau des Bains est polluée par des usines et souhaite remédier à ce problème écologique et sanitaire en avertissant ses concitoyens et en lançant de grands travaux coûteux mais nécessaires. Il se retrouve dès lors confronté à son frère, qui s'oppose aux rénovations, trop coûteuses pour la ville ; mais aussi à la mesquinerie de ses premiers soutiens, qui préfèrent se ranger du côté du pouvoir et de l'opinion publique, tout en privilégiant leurs intérêts financiers. 

La radicalisation qui va s’opérer chez le docteur Stockmann est donc le fruit d’un processus où nous, société, avons toute notre part.

Il s’agit dès lors d’entendre ce message, de comprendre ces êtres, et de mettre cette histoire sur scène aujourd’hui pour qu’elle nous travaille et nous questionne.

Mise en scène et adaptation: Guillaume Gras 

Comédien.ne.s: Ivan Cori ou Audrey Dugué, Marie Guignard, Eurialle Livaudais, Bruno Ouzeau, Nicolas Perrochet, Gonzague Van Bervesseles.

Lumières: Grégoire de Lafond

Partenaires et soutiens en résidences: Les Labos d’Aubervilliers, Le Carreau du Temple, L’Espace Agnès Sorel, Anis Gras, le Théâtre de Belleville et le Centre Dramatique National des Tréteaux de France

Joué du 8 au 30 septembre 2020 au Théâtre de Belleville (11 dates)

En tournée CCAS en juillet 2021 et août 2022 (15 dates)

Au 11-Avignon du 10 au 23 juillet 2022 (12 dates)

Soutien de la Région Centre-Val de Loire et du Département Indre-et-Loire

Un Ennemi du Peuple

Ibsen écrit Un Ennemi du Peuple en 1882 juste après Les Revenants, pièce qui fût accablée par la critique et la bonne société Norvégienne. Il y décrivait la chute morale d’une famille bourgeoise, en dénonçant le mariage comme institution et les secrets de famille, ici ceux liés à des interdits d'ordre sexuel. De même, à cette époque, nous sommes en pleine crise du capitalisme. Des attentats anarchistes secouent l'Europe en cette fin de siècle, (en cette « fin d'un monde » pour certains) et Un ennemi du peuple doit donc avant tout être pris pour ce qu'il est : un pamphlet contre ses contemporains et la critique de leur immobilisme face à un monde en péril.

Car cette société décrite par Ibsen, c’est la nôtre. C’est un monde qui court à sa perte mais qui

par peur de manquer ou de bouger ne peut que constater et devenir spectateur de lui-même ; c’est notre impossibilité générale, même dans un système démocratique, à changer le cours des choses et à nous saisir de problèmes relevant de l’intérêt commun ; c’est le procès et la décrédibilisation du discours des élites intellectuelles, des sachants.

Voilà le sujet de la pièce et de mon adaptation; comprendre et ausculter cette montée du radicalisme et les forces qui la meuvent.

Nous allons donc nous appliquer à suivre tous ces êtres dans leurs espoirs et dans leurs peurs et

comprendre les mécanismes de cette radicalité qui va submerger le docteur Stockmann. D’où

vient-elle ? Quels en sont les facteurs ? Comment est-elle attisée ? Etc... Car il s’agît bien ici de

comprendre. De regarder en face pour comprendre.

La radicalisation du docteur Stockmann est le fruit d’un processus où nous, société, avons toute

notre part. Il s’agit dès lors d’entendre ce message, de comprendre ces êtres, et de mettre cette

histoire sur scène aujourd’hui pour qu’elle nous travaille et nous questionne. Pour «présenter le

monde au spectateur et qu’il s’en saisisse » (Brecht). Je souhaite donc donner toute sa part au

public et ne pas faire reposer cette pièce sur l’illusion théâtrale. Les comédien.ne.s et les

spectateurs seront assis ensemble, en quadri-frontal, comme si la parole et l’action était possible

pour tout le monde, comme si une invitation collective était lancée à « prendre part ».

Cet état d’égalité avec les comédien.ne.s (pas d’illusion théâtrale, tous les accessoires à vue etc..) permettra au spectateur de remettre notre actualité et notre vie politique à sa juste place : une histoire qui ne demande qu’à être écrite et qui attend que nous nous en saisissions.

Guillaume Gras

Presse

"Petite bombe théâtrale, l’efficacité du spectacle tient dans le fait que le metteur en scène

réussit à transposer l’action aujourd’hui, sans décors ni costumes, par des répliques

simples et directes qui vivifient l’action. Les spectateurs sont assis autour des acteurs qui

incarnent les protagonistes, dans un thriller haletant et tragique. Nicolas Perrochet et ses

camarades font preuve d’un engagement total. Une réussite !" ARTISTIKREZO

"La fameuse pièce d'Ibsen, Guillaume Gras s'en est emparé, la abrégée, actualisée,

réécrite en partie, mais il ne la trahit pas. Ici pas décors. Les spectateurs sont installés sur

la scène même, au côté de six jeunes comédiens tous impeccables. C'est la tragédie

grecque dans une station thermale! " CANARD ENCHAINE.

"La mise en scène est radicale, le parti pris est brut, voire brutal (..)les comédiens distillent

une colère effrayante". HUMANITE DIMANCHE.

"Tellement ils sont talentueux et impressionnants de justesse, forts chacun de leurs

personnalités et registres différents. La direction d’acteurs a dû être rondement menée

pour qu’une telle harmonie se dégage tout au long de la représentation...En résumé, une

adaptation qui n’a de modeste que l’apparence. Une heure trente de vrai théâtre à ne rater

sous aucun prétexte." UN FAUTEUIL POUR L'ORCHESTRE

"En choisissant cette scénographie puissante et pourtant épurée, Guillaume Gras réussit

le pari de prolonger longtemps après la fin du spectacle la réflexion sur notre engagement

ou sur notre passivité dans la société" THEATRES.COM

"On se pose beaucoup de questions existentielles et effrayantes durant cette pièce très

difficile à jouer, au texte riche et complexe, et on en ressort épuisé, mais heureux."

FOUD'ART

"Au-delà de l’évidente résonance contemporaine, son adaptation par Guillaume Gras

détonne de puissance et de justesse."M DE MONTMARTRE

"Le texte original, d'une confondante modernité en soi, est ici d'une certaine manière

actualisé et exhaussé par cette adaptation qui résonne au plus fort de la triste actualité

ambiante. "DE LA COUR AU JARDIN

"La proposition de Guillaume Gras s’accomplit, dans un dispositif quadri-frontal, plein feu,

l’intrigue raccourcie est captivante et les comédiens défendent leur rôle avec force et

conviction." TOUTE LA CULTURE

"Si vous aimez le théâtre qui fuse, celui qui porte un point de vue, qui vous fait passer un

bon moment, qui vous fait réfléchir à la sortie de la salle, allez au Théâtre de Belleville,

vous m’en direz des nouvelles." JE N'AI QU'UNE VIE.

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